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Les femmes face au sida: la journée mondiale tire la sonnette d’alarme PARIS (AFP via Yahoo!Actualités)
Vingt-trois millions de morts déjà, une infection toutes les six secondes qui touche aujourd’hui pratiquement autant les femmes que les hommes: l’épidémie de sida, loin de reculer, continue de se propager et se féminise, ont martelé les responsables de la Journée mondiale contre le sida, parrainée par les Nations unies. Sur le thème "Femmes et filles, face au VIH et au sida", le slogan choisi cette année invitait à prêter attention à celles qui se retrouvent trop souvent invitées à la discrétion et à la soumission : "Allez-vous enfin m’écouter?". agrandir la photo Manifestations en tous genres, promesses d’actions, déclarations politiques, campagnes de presse ont marqué mercredi cette Journée mondiale, pour tenter de désamorcer cette véritable bombe à retardement que constitue le sida. Le Premier ministre britannique Tony Blair a ainsi annoncé que le sida et l’Afrique seraient les priorités du G8, que la Grande-Bretagne présidera l’an prochain. agrandir la photo L’Afrique subsaharienne abrite à peine plus de 10% de la population mondiale, mais regroupe plus de 60% des personnes vivant avec le VIH (virus du sida), soit quelque 25,4 millions sur un total mondial de 39,4 millions, selon l’Onusida. "Si nous créons un continent d’aliénation, de pauvreté désespérée, de guerre et de maladie, a-t-il averti, nous en savons assez sur le monde moderne pour savoir qu’il y aura des problèmes". En France, Jacques Chirac a insisté en conseil des ministres sur trois objectifs : "d’abord, la mise en place du vaccin contre le sida, la relance des efforts de prévention et enfin l’aide aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables", a dit le président français, violemment contré par l’association Act-Up qui l’accuse d’"hypocrisie". Plusieurs manifestations, notamment à Paris, devaient marquer cette journée en France, où une campagne de presse musclée des autorités sanitaires déroule tous les maux qui guettent les séropositifs en traitement : fatigue, nausées, dépression, vertiges, douleurs, angoisse, etc. "C’est vrai, on peut vivre séropositif", conclut, laconique, ce message repris par plusieurs quotidiens pour tenter de prendre à contre-pied une certaine banalisation de la maladie. A Moscou, ce sont quelque 300 personnes qui ont manifesté mercredi devant le siège du gouvernement, déployant un immense ruban rouge dans la neige pour réclamer l’accès gratuit au traitement contre le sida en Russie. Seuls 2.000 des 280.000 séropositifs officiellement enregistrés dans le pays bénéficient de ces traitements, reconnaît le centre fédéral de lutte contre le sida. L’Onusida estime que la Russie compte quelque 860.000 séropositifs, soit bien plus que les chiffres officiels. En Asie, où la poussée de l’épidémie est inquiétante, défilés et promesses politiques d’action ont marqué la Journée mondiale. Entre 2002 et 2004, les infections ont bondi de moitié en Extrême Orient, qui compte déjà environ 1,1 million de porteurs du VIH, l’aggravation de la situation étant largement imputable aux épidémies croissantes en Chine, en Indonésie et au Vietnam. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a appelé mercredi à des "efforts constants" dans la lutte contre le sida et reconnu que la situation de la Chine face à la pandémie était "critique".Le pays compte officiellement 840.000 séropositifs, selon une estimation datant de 2003, mais la réalité pourrait être beaucoup plus grave, disent les experts. Le gouvernement indien a annoncé de son côté le lancement d’une campagne de choc pour lutter contre le sida, la première de cette ampleur dans le pays qui compte le plus grand nombre de séropositifs au monde après l’Afrique du Sud. Le sida semble cependant loin des préoccupations du moment en Asie. Une enquête des instituts TNS et Gallup a montré que seuls 11% des habitants de neuf pays d’Asie considéraient la pandémie comme un souci majeur, loin derrière le cancer (53%). Source : http://fr.news.yahoo.com |