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Le soleil et le bronzage en cabine représentent les principales sources d’exposition aux rayonnements ultraviolets pour la population générale. Ceux-ci peuvent affecter la peau et les yeux. Les effets sanitaires dépendent de la nature et de l’intensité du rayonnement ainsi que de la sensibilité de la peau des individus.
Ce dossier fournit les éléments de compréhension sur ces rayonnements, les sources d’exposition et leurs effets sur la santé.
Les risques sanitaires
Les rayons UV stimulent la production de vitamines D dans le corps et nous en avons besoin. Mais une exposition excessive peut endommager la peau et les yeux. Les rayons ultraviolets attaquent et détériorent l'ADN de nos cellules. Notre organisme, la plupart du temps, est capable de réparer les dégâts. Mais cette capacité n’est pas éternelle. Pour diverses raisons (génétique, etc.), notre organisme, à force, ne peut plus faire face aux attaques et des problèmes surgissent. La gravité des effets dépend de la longueur d'onde, de l'intensité des rayons ainsi que de la durée de l'exposition.
Les effets cutanés
Nous ne sommes pas tous égaux devant le soleil. Selon notre type de peau (notre phototype), nous sommes plus ou moins sensibles aux effets des UV. Ainsi, chacun peut recevoir une quantité d'UV plus ou moins importante . Lorsque l’on dépasse cette quantité, le système de défense se met à fonctionner plus mal ce qui peut provoquer des réactions plus ou moins importantes.
Il est important de savoir quel type de peau l’on a pour adapter au mieux sa protection et son exposition.
Phototype I : peau rose avec beaucoup de tâches de rousseur, bronze difficilement et attrape d’importants coups de soleil.
Phototype II : peau claire, avec peu de tâches de rousseur, bronze mais avec de fréquents coups de soleil.
Phototype III : peau claire avec peu ou pas de tâches de rousseur, bronze avec peu de coups de soleil.
Phototype IV : peau beige clair, sans tâche de rousseur, bronze avec peu de coups de soleil.
Phototype V : peau brune foncée, sans tâche de rousseur, bronze sans coups de soleil.
1 Les coups de soleil
Le coup de soleil est une brûlure locale de l’épiderme d’étendue et de degré variables due aux rayons ultraviolets A et B (artificiels comme naturels). Il se manifeste par des rougeurs douloureuses. Si des couches profondes de la peau sont touchées, il y a alors brûlure au 2ème degré, des cloques se forment.
La répétition de coups de soleil augmente fortement le risque de cancer cutané, surtout si elle a lieu dans l'enfance.
2 Le vieillissement cutané prématuré
Le vieillissement cutané prématuré est une des conséquences d’une surexposition solaire. Les UVA s'introduisent dans le derme et détruisent les fibres de collagène et d'élastine. Les effets se manifestent 10 ou 20 ans après les irradiations par :
- des taches pigmentaires de couleur plus ou moins foncée sur le dos des mains et le visage ;
- des "verrues séborrhéiques" principalement sur le dos et le thorax ;
- des kératoses actiniques (épaississements localisés de la peau). La peau desquame et si l’on arrache ces lambeaux de peau, un léger saignement survient. Ces lésions sont considérées comme précancéreuses ;
- à d’autres endroits, une atrophie du derme et de l'épiderme (amincissement de la peau),
- des pétéchies (tâches de couleur rouge foncé dues à des hémorragies circonscrites au niveau de la peau) et des pseudo-cicatrices,
- une accentuation de la sécheresse cutanée et des rides.
Le vieillissement cutané prématuré favorise l'irritation cutanée et les réactions aux médicaments tout en ralentissant la vitesse de cicatrisation. La peau devient plus perméable aux différents allergènes. La perception sensorielle et thermique diminue.
3 La photosensibilisation
La photosensibilisation désigne un état anormalement sensible de la peau qui réagit, par des réactions allergiques, à la lumière solaire combinée avec une substance chimique appliquée sur la peau, ingérée ou injectée (certains médicaments, certains produits cosmétiques ou parfums).
Deux réactions type existent : les réactions phototoxiques et les réactions photoallergiques.
La phototoxicité se traduit par un "super coup de soleil" pouvant laisser des taches hyperpigmentées. Elle survient chez n'importe quel sujet. Elle est liée à l’exposition aux UV associée à la consommation de médicaments dits photosensibilisants. Il est donc important de se renseigner auprès d’un pharmacien pour savoir si les médicaments qu'on vous a prescrits sont photosensibilisants. S'ils le sont, il faut éviter l’exposition aux UV et utiliser une protection UVA/UVB maximale. Les réactions sont strictement localisées aux régions exposées.
La photoallergie se traduit par un eczéma ou un urticaire sur les zones exposées aux UV comme celles qui n’ont pas été exposées. Une prédisposition naturelle expose à ce type de réaction allergique. Elle est plus rare que la phototoxicité. Elle s’aggrave à chaque fois que la combinaison produit chimique / exposition aux UV est réitérée. Les UVA seuls jouent souvent un rôle dans les photoallergies. La photodermatose solaire idiopathique (PSI), ou « intoxication solaire », est la forme la plus courante de photoallergie.
Les agents photosensibilisants :
Par usage local :
- colorants : fluorescéine, éosine, antiseptiques locaux,
- plusieurs plantes contenant du psoralène (céleri, persil, bergamote, citron, etc.),
- parfums (eau de toilette, eau de Cologne), et déodorants,
- cosmétiques ("accélérateurs de bronzage" à base de psoralènes, filtres solaires),
- certains médicaments (peroxyde de benzoyle, phénothiazines, certains anti-inflammatoires),
- antibactériens locaux.
Par voie interne :
- Médicaments (psoralènes, quinolones, cyclines – antibiotiques -, phénothiazines, amiodarone, antimitotiques antidépresseurs, phénothiazines, sulfamides - antibactériens, antidiabétiques, diurétiques -, hydroquinidines).
La prise "sauvage" de psoralène dans un but esthétique est responsable de brûlures sévères (nécessitant une hospitalisation) après exposition aux UV naturels ou artificiels.
Les lucites sont des "allergies solaires" où l'agent photosensibilisant n'est pas connu. Ces photodermatoses peuvent être extrêmement invalidantes, empêchant toute activité extérieure normale.
4 Les cancers
Il existe deux types de cancers de la peau induits par les UVA et B : les carcinomes et les mélanomes.
Les carcinomes sont les plus fréquents (95% de l'ensemble des cancers cutanés). En France, plus de 50 000 personnes par an en sont atteintes et presque toutes en guérissent. Les caractéristiques sont :
- une plaie qui ne cicatrise pas,
- ou une zone qui reste sèche et rugueuse sans que rien n’y fasse,
- ou l’apparition ou la modification d’une lésion avec une asymétrie, des bords irréguliers, une couleur non homogène, un diamètre égal ou supérieur à 6 mm, une évolution (changement de taille, de forme, d’épaisseur, de couleur).
Les personnes qui développent un premier carcinome sont à surveiller car dans près de la moitié des cas, un deuxième cancer peut apparaître dans les années qui suivent. Le traitement se fait par chirurgie ou radiothérapie.
Le mélanome est plus dangereux. Chaque année en France, 4 000 à 5 000 cas sont découverts, 1 000 personnes en meurent. Dans la plupart des cas, le mélanome apparaît en peau saine sous forme d’une tache pigmentée ressemblant à un grain de beauté mais s’en différenciant par l’irrégularité des contours, la polychromie (zones brunes, violines, rosées, ou bleutées) et l’irrégularité de la surface. Plus rarement, le mélanome survient comme dégénérescence d’un grain de beauté dont les contours, la couleur, et l’aspect se modifient.
Si on ne reconnaît pas le mélanome à sa phase initiale, il peut croître et générer des métastases.
Les sujets à risque :
- sujets à peau claire (les blancs ont 100 fois plus de mélanomes que les noirs),
- avec difficultés à bronzer (facteur décisif),
- attrapant des coups de soleil facilement,
- avec des cheveux blonds ou roux,
- avec des yeux gris ou bleus,
- les enfants,
- les personnes travaillant en plein air sans protection,
- les personnes qui pratiquent régulièrement des sports nautiques sans protection.
Les effets ophtalmiques
Les UV provoquent des désagréments allant du simple oeil rouge à des troubles plus sérieux : affections de la rétine, inflammations, apparition prématurée de la cataracte.
1. La kératite
La kératite est une inflammation de la cornée accompagnée de douleurs et de rougeurs situées en périphérie de l'œil. Elle entraîne une cécité passagère. Les radiations UV en sont responsables mais le plus souvent la kératite disparaît en quelques jours, et ne laisse pas de séquelles. Malgré tout, il est important de consulter rapidement un ophtalmologue.
2. La cataracte
La cataracte compte actuellement parmi les maladies oculaires les plus répandues dans le monde qui sont traitées par les ophtalmologistes.
Les UVA ont été reconnus responsables de cataractes dites corticales c’est-à-dire localisées à la périphérie du cristallin. La cataracte entraîne une opacification du cristallin et des symptômes tels que baisse de la vue, brouillard, éblouissement à la lumière vive. Attention la cataracte mène inéluctablement à une cécité totale. Il est donc important de consulter au plus vite.
N'hésitez alors pas à consulter votre dermatologue ou ophtalmologue qui vous fourniront de plus amples informations et une personnalisation des conseils avant l'été !
Sources :
Santé Canada
Organisation Mondiale de la Santé
Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer
Association Sécurité solaire
Rédaction :
Décembre 2004 |